
Synopsis :
Michelle Mc Nally est une fillette agée de huit ans, qui est devenue sourde et aveugle suite à une maladie qu'elle a eu lorqu'elle était bébé.
Michelle vit depuis ce jour dans un obscurité absolue, et ses parents, désespérés lui ont tout laissé faire, ce qui conduit Michelle à être violente et à être complètement coupée du monde réel.
Debraj Sahai est un professeur pour les sourds et aveugles, alcoolique et quelque peu étrange. Sa rencontre avec Michelle, va, à tout jamais changer leur existence à eux deux. Il est le seul qui réussira, en utilisant des méthodes parfois violentes à remettre Michelle sur le chemin de la lumière...
Critique
Je souhaite vous faire découvrir ce film car il est très spécial. C'est certes un film qui vient de Bollywood, réalisé par un réalisateur de Bollywood (« Devdas », « Hum dil de chuke sanam ») mais pourtant ce film n'a rien d'un Bollywood classique. Il n'y là aucune chanson, aucune couleur chatoyante dont nous avons l'habitude… Il est clair qu'avec ce film Sanjay Leela Bhansali tape fort et bien ! Il a su envoûter le public indien avec un film fondamentalement loin des Bollywood traditionnels. Mais comment a-t-il réussi ? Sachant, qu'à Bollywood, n'importe quel film sans chanson est plus ou moins boudé par le public indien ? Sachant que les indiens ne souhaitent que s'évader grâce aux films ? (Même si on peut voir un changement de ce côté là)
Tout d'abord, Sanjay Leela Bhansali a su s'entourer d'acteurs très talentueux !
On retrouve au casting la très appréciée Rani Mukerjee, qui est plutôt habituée à des rôles de jeune fille fashion & un brin fofolle, ou d'amoureuse calme et tendre. Dans ce film, Rani surprend, enthousiasme tellement elle est méconnaissable ! Son jeu est si … parfait ! Il faut quand même noter que dans ce film, Rani ne parle quasiment pas (à part pour la voix de fond). Tout son jeu passe par des gestes, des mimiques, des attitudes… Il me semble que son talent est désormais indiscutable !
Amitabh, le monstre du cinéma indien, nous livre une performance extraordinaire ! Jouant le rôle d'un homme dur, blessé par la vie, mais aussi sensible et émouvant, il est criant de réalisme ! C'est un des ses rôles où je l'ai préféré !
La petite Ayesha Kapoor, qui joue Michelle enfant, est édifiante ! Comment une petite fille comme elle a-t-elle pu jouer aussi bien ? Il est certain que beaucoup de personnes se sont demandées si elle était vraiment sourde et muette, tellement son jeu est impressionnant et presque dur à regarder…
Concernant l'histoire, comme je l'ai dit plus haut, elle est inspirée de la vie de Helen Keller. Mais malgré cela, SLB n'a jamais cédé à la facilité de certains réalisateurs indiens de faire un simple remake. Il s'est approprié cette histoire pour en faire la sienne, pour la posséder (il a d'ailleurs rencontré des enfants sourds et muets pour donner plus de réalisme à son film, les acteurs ont appris le langage des sourds et muets) .
Il a su se l'approprier car il n'est pas tombé dans la morale américaine « qui veut peut », il a su sortir de ce schéma vu et revu. Certes, Michelle a su parvenir à réaliser ses rêves, mais l'handicap est toujours là, et rien ne pourra changer ça. Elle sait qu'elle ne sera jamais comme les autres et elle vit avec ça. (Par exemple elle sait qu'elle ne connaitra jamais l'amour)
L'histoire en fait, nous raconte le passage du néant à l'éveil, de l'ignorance à la connaissance, de l'obscurité à la lumière… Ce passage est d'ailleurs parfois difficile et dur autant pour la petite Michelle que pour la grande, mais aussi pour Debraj.
Pour autant, on ne tombe pas dans le mélo, même si certaines scènes sont troublantes et vous serrent le cœur ! (La scène de la neige, celle avec les étudiants, celle de l'entretien pour l'université ….)
Concernant la réalisation, elle est sublime !
On retrouve la patte de SLB. De magnifiques décors, presque théâtraux, mais qui semblent beaucoup plus sobre set froids que ceux de « Devdas » ou « Hum dil de chuke sanam » qui, eux étaient très pompeux.
De plus, on pourra remarquer que les décors n'ont rien d'indien (pas de palais, etc.)
Tout le film est rempli de symboles, de non–dits (n'oublions pas que Michelle ne peut parler et qu'elle communique grâce au langage des signes.) Chaque geste, chaque mouvement a une signification…
De plus, le jeu des lumières est lui aussi très symbolique : le noir représente l'obscurité dans laquelle vit Michelle, mais aussi la mort, la solitude, l'ignorance … (l'obscurité de sa maison par exemple). Ce côté sombre contraste avec la luminosité de certaines scènes, comme la maison de Michelle, quand elle part faire ses études, est très lumineuse, mais toujours d'une lumière froide. C'est aussi un aspect important il me semble. Le film entier est froid, que ce soit dans le noir ou la lumière (présence de la neige lumineuse et froide) Michelle aura pu réaliser son rêve, accéder à la connaissance mais pourtant elle vivra toujours dans le noir et différente des autres.
C'est pour cela que j'avais qualifié cette réalisation très sophistiquée et recherchée de « baroque ».
D'ailleurs, tout cela nous empêche de pleurer, même si l'histoire s'y prêterait volontiers. Sans parler du caractère des personnages principaux qui ne veulent pas qu'on s'apitoie sur leur sort.
Pour conclure, je dirais que c'est un film vraiment surprenant dans l'univers de Bollywood et qu'il a fait vraiment figure d'ovni à sa sortie. Il a pourtant fait un succès fulgurant en Inde, autant du côté du public que celui des professionnels grâce à la réputation de son réalisateur, au casting talentueux, à l'histoire originale et à la réalisation plus que parfaite.
C'est vraiment un film à avoir dans sa dvdthèque même si on n'est pas fan de Bollywood !










